Colloques / Conférences

Colloque de la BNL MT 09 : Compte rendu

Introduction

Au sein d'une société civile libre et démocratique, la « culture libre » constitue un système équitable pour la consommation et la création d'œuvres de l'esprit. Si la culture libre constitue un ensemble de thèmes nombreux et variés, qu'arrive-t-il si nous y juxtaposons ceux de l'art contemporain ? Est-ce que ces ensembles mènent à une intersection, et si oui, comment s'inscrit-elle dans les pratiques et les approches esthétiques ? Le colloque de la BNL MTL 2009 a exploré et tissé des liens entre les enjeux de la culture libre et ceux de l'art contemporain. Chercheurs et artistes ont été conviés à présenter leurs projets et réflexions ainsi qu'à discuter de la portée de la notion de culture libre sur leur démarche.

Lors de l'élaboration du programme, les membres du comité du colloque ont constaté une distinction fondamentale entre les plates-formes et les œuvres. Les premières représentent de véritables pôles d'attraction des communautés de créateurs, offrant un lieu tant virtuel que physique de diffusion, de rencontre et d'échange qui solidifie leur pratique tout en bonifiant leur démarche. Ensuite, il est pertinent de se questionner plus précisément sur les secondes dans un contexte de culture libre. Quelques constats forts découlent de ces échanges. Le texte suivant souhaite donc faire un retour sur les différents propos exprimés durant ces deux journées de réflexion et de discussion.

1. Plates-formes

Si la culture libre offre des opportunités nouvelles aux créateurs, les plate-formes qui animent ces communautés sont nécessaires pour créer un espace de participation et de collaboration. Cette considération a animé la première journée du colloque. Les invités ont pu exposer divers projets pour mettre en lumière les nouveaux lieux de production et de diffusion de la création. Le portail Parole Citoyenne, le documentaire RIP : A Remix Manifesto ainsi que le collectif Kino 00 ont été présentés.

1.1 - Parole Citoyenne

Dans le cadre du projet Parole Citoyenne de l'Office national du film du Canada, Frédéric Dubois est avant tout appelé à animer une communauté. Le chargé de projet de l'organisme cinématographique fédéral met à la disposition un environnement où internautes, journalistes, citoyens, réalisateurs de films engagés, photographes militants et autres artistes multimédias peuvent œuvrer et mettre en valeur leurs créations autour d'une présence Internet. Le site propose l'hébergement de films, de photos, de blogues et de baladodiffusions, afin d'engager une interaction entre le créateur et le citoyen autour de sujets de l'heure. Ainsi, la vision dépasse largement le simple cadre de diffusion et tente de proposer des outils communautaires dans un esprit ouvert et libre pour s'engager dans une conversation sociale. [Note: depuis ce colloque, le projet Parole Citoyenne est passé sous l'égide de l'Institut du Nouveau Monde.

1.2 - RIP : A Remix Manifesto

De manière similaire, le réalisateur Brett Gaylor et la productrice Kat Baulu ont su explorer le rôle des plates-formes dans le cadre du processus créatif du documentaire RIP : A Remix Manifesto. Ce documentaire produit par l'ONF présente la tension très contemporaine entre, d'une part, le potentiel des technologies informatiques au service de la création et, d'autre part, les questions de propriété intellectuelle de plus en plus complexes. En effet, la réappropriation des créations d'autrui dans un contexte de remixage se trouve souvent en porte-à-faux avec la volonté des titulaires du droit d'auteur. Dans ce cas précis, RIP : A Remix Manifesto a mis en ligne une plate-forme d'échange dès le début du processus créatif. Certains segments ont été proposés au réalisateur via son site Internet, et les Internautes ont été appelés à contribuer au contenu en ajoutant des photos ou encore des segments vidéo.

L'implication de l'ONF fut un élément central du projet. L'institution publique fédérale a joué un rôle d'arbitre entre les pratiques professionnelles et la volonté du réalisateur de se réapproprier la musique commerciale, afin d'illustrer la position défendue par le documentaire. En effet, Me Dominique Aubry, avocate à l'ONF, a discuté des mécanismes juridiques qui ont été déployés pour diminuer le risque légal d'utiliser la musique sans l'autorisation des ayants droit. Fait très intéressant, lorsqu'elle relevait qu'un clip musical était trop long pour se conformer à une limite raisonnable en vertu de l'utilisation équitable d'une œuvre, le réalisateur du documentaire a généralement convenu que cette longueur était tout aussi excessive sur le plan cinématographique. Il y avait donc un chevauchement entre l'impératif de brièveté quant à l'utilisation équitable d'une œuvre et le plan esthétique.

Pour visionner la version 1.0:http://films.nfb.ca/rip-a-remix-manifesto/

1.3 - Kino 00

François Jacob et Jéricho Jeudy ont présenté le mouvement Kino 00. Il s'agit d'une rencontre mensuelle où les créateurs peuvent présenter leurs courts métrages devant un public. Ce rassemblement périodique constitue une plate-forme bien traditionnelle, mais très importante. En effet, l'événement culturel où se retrouvent créateurs et amateurs, initiés et néophytes implique nécessairement la conjugaison opportune du lieu et du moment. Il s'ensuit des rencontres avec les pairs ainsi qu'avec le public, une source de motivation, une invitation continue au dépassement, une occasion de se présenter, de se comparer. Active depuis plus de 10 ans, la communauté du mouvement Kino est maintenant riche de plusieurs dizaines de cellules réparties sur toute la surface du globe. Cette plate-forme offre donc une occasion unique de démontrer son approche professionnelle, de sortir de l'isolement, de l'amateurisme et de revendiquer à juste titre son rôle de créateur.

Pour plus d'information: http://www.kino00.com

1.4 - Graffiti Research Lab Canada

Dans un autre ordre d'idée, Graffiti Research Lab Canada a offert une démonstration de son vélo-projecteur, une solution peu dispendieuse qui permet de diffuser sur les bâtiments des images numériques. En effet, le graffiteur Nomlg a adapté un vélo de montagne pour y ajouter une remorque sur laquelle sont installés une batterie, un projecteur vidéo et un système de son équipé de haut-parleurs. Ce système offre la possibilité de diffuser des images numériques sur le côté d'édifices la nuit, voire sur un écran de toile simple, retenu par des bambous. L'objectif est de diffuser les plans et les étapes de fabrication de ce vélo-projecteur peu ordinaire sur Internet afin que tous puissent construire leur propre véhicule. Dans ce cas-ci, l'environnement urbain agit comme plate-forme, où le créateur se réapproprie un espace public, voire privé, pour diffuser son œuvre. La question de la réappropriation sans le consentement du gestionnaire de l'immeuble ou des forces de l'ordre fut d'ailleurs discutée. L'impératif de la sécurité publique est souvent invoqué par la police pour encadrer ce genre d'événement puisque les projecteurs puissants peuvent éblouir et donc avoir un impact sur la circulation automobile. Par ailleurs, Nomlg a démontré que ce vélo-projecteur peut être jumelé à une console de jeux vidéo Wii afin de créer en temps réel des œuvres artistiques. Ainsi, la manette sans-fil de la console Wii sert de stylus pour dessiner à l'air libre, dessin qui se voit diffusé immédiatement par le projecteur. L'effet est fascinant et ouvre les portes de l'appropriation citoyenne et artistique des lieux publics.

Pour tout dire, le concept de plate-forme représente dans les faits un outil qui s'articule à l'intersection d'un moment, d'un lieu et d'une communauté. Ce moment peut être vécu en direct ou d'une manière différée ou asynchrone selon les modalités de l'outil. De plus, le lieu peut être virtuel ou physique; tandis que la communauté peut être ouverte à toutes et tous ou encore être plus sélective. C'est ainsi que la plate-forme peut représenter à la fois un outil d'hébergement, de diffusion, de rencontre et d'échange. Il s'agit donc d'un aspect incontournable de la culture libre.

Pour plus d'information:http://graffitiresearchlab.ca/

Crédit photo: Nt2

2. Œuvres

Une seconde dimension abordée concerne les œuvres artistiques elles-mêmes. Durant la deuxième journée du colloque, le public a pu rencontrer plusieurs artistes et commissaires ayant initié des projets durant la BNL MTL 2009, ainsi que deux théoriciens s'intéressant au mouvement de la culture libre.

2.1 Projets de la BNL MTL 2009

Le premier panel de cette seconde journée a fait place à trois projets artistiques de la BNL MTL. Tout d'abord, Claudio Marzano, un des co-commissaires du projet Paysages sonores, a présenté les grandes phases de réalisation du volet Musique libre. Ensuite, Nathalie Reis et Vanda Daftari, porteuses du projet Shopdropping, ont abordé l'impact que ce projet a eu hors des institutions culturelles. Enfin, Claudine Tissier et Michèle Gauthier, respectivement productrice et réalisatrice du projet 8 courts 1 collectif, ont discuté des difficultés rencontrées lors de la mise en œuvre de leur production.

2.1.1 - Paysages sonores

Claudio Marzano a débuté ce panel en présentant les différentes phases du projet Paysages sonores. Il a profité du temps qui lui était accordé pour faire un plaidoyer en faveur d'une durée de protection du droit d'auteur plus juste. À son avis, sous la pression des gros joueurs des industries du divertissement, la durée de protection du droit d'auteur atteint maintenant des sommets, réduisant d'autant la quantité d'œuvres accessibles dans le domaine public. Pour Marzano, la créativité des nouveaux artistes passe par la possibilité technique et légale de se réapproprier les œuvres existantes. Afin d'être entièrement libres au sein de leur projet, les commissaires Claudio Marzano et Scott Clyke ont préféré utiliser une nouvelle pièce:

« Alors, on a créé une nouvelle pièce originale, qu'on a distribuée sous licence Creative Commons. Découpez-la, réinterprétez-la comme vous voulez, la seule chose qu'on demande, c'est que si vous faites de l'argent avec, vous êtes obligé de nous payer. Mais si c'est juste pour célébrer la musique, allez-y, attribuez le projet à la Biennale de Montréal avec un lien hypertexte, c'est tout. »

La licence Creative Commons dont il est question ici est définie ainsi par l'organisation: BY-NC-SA (http://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/2.5/ca/). Cette dernière stipule que toute utilisation de l'œuvre doit répondre à certaines conditions: la paternité de l'auteur doit être reconnue, aucun usage commercial n'est permis, et ces conditions doivent se retrouver dans toute œuvre qui serait issue de la première. Or, comme l'explique le commissaire de ce volet, il semble que le pari ait été gagné:

« On a été super heureux de recevoir une vingtaine de remix qu'on a remis sur le site web de la Biennale. On a créé un CD en édition limitée parce qu'on célèbre l'artefact qu'est l'album

2.1.2 - Shopdropping

Dans un deuxième temps, l'artiste Nathalie Reis et la designer Vanda Daftari ont présenté en détails la démarche entourant le projet Shopdropping. Pour ces artistes, la plus grande force de ce projet consiste en la diversité des lieux où leurs créations se sont infiltrées. En effet, alors que leur production artistique traditionnelle doit respecter le cadre de la présentation d'œuvres en galeries, Shopdropping leur a permis de diffuser leurs œuvres dans toutes sortes d'environnements. Pour Reis et Daftari, cette démarche est particulièrement intéressante puisqu'elle permet aux passants d'avoir un contact direct avec une œuvre artistique, qu'ils soient ou non amateurs d'art. Vanda Daftari explique:

« Je pense que ce qu'il y a d'intéressant dans notre projet, c'est qu'on a deux discours. Celui de l'artiste: il y a la différence entre les musées et les galeries et les lieux comme l'épicerie. Mais on a aussi beaucoup essayé d'ouvrir le projet à des gens qui ne sont pas nécessairement artistes, mais quand même créatifs et intéressés. »

Par ailleurs, en plus de sortir les œuvres artistiques de leur contexte de diffusion classique, les deux instigatrices proposaient au public de prendre part directement à leurs actions, comme l'explique Daftari:

« Ce qu'on veut avec notre installation, c'est d'inciter les gens à faire du shopdropping durant tout le mois, pour couvrir toutes les «cans» qu'il y a dans notre installation, mais aussi on se dit «faites ça ailleurs, documentez et prenez des photos», puis on va pouvoir mettre ça en ligne et les partager! »

2.1.3 - 8 courts 1 collectif

Le projet du volet cinéma libre de la BNL clôturait ce panel. La productrice Claudine Tisser et la réalisatrice Michèle Gauthier ont abordé en profondeur les difficultés qu'elles ont rencontrées durant le processus de production de leur projet. Une des notions questionnées par le projet 8 courts 1 collectif touchait au statut de l'auteur. En effet, la démarche artistique qu'elles proposaient aux réalisateurs remettait en question leur rôle en tant que créateur unique. Michèle Gauthier explique ce qu'elles entendaient mettre en place:

« On questionnait aussi la question de l'auteur. Ce qui est plus conventionnel, c'est l'artiste qui est complètement auteur de son œuvre et qui tente d'être purement unique et original. Mais ça n'existe pas vraiment, c'est un concept qui est un peu absolu, mais pas nécessairement très réaliste. On voulait clairement énoncer que ça n'allait pas être une œuvre à un auteur, mais vraiment à multiples auteurs, le public et les cinéastes. Ça, c'était important pour nous. »

Toutefois, bien que leur intention ait été en droite ligne avec le thème proposé par la BNL MTL, plusieurs obstacles se sont présentés durant le processus de production. En effet, les réalisateurs ont souhaité travailler avec des comédiens et des techniciens professionnels. Les plateaux de tournage ont donc dû se conformer aux règles établies par l'Union des Artistes (UDA). Or, celle-ci pose des conditions très strictes au niveau de la diffusion des œuvres cinématographiques, notamment au niveau de la diffusion sur Internet. Claudine Tissier relate les solutions qu'elles ont dû mettre en place pour poursuivre le projet:

« Il a fallu trouver un moyen de garder le projet en vie, de pouvoir le diffuser sur le web. On avait aussi des capsules «making-of» qui étaient tournées à chaque tournage, pour faire vivre l'expérience du tournage au public. Ce que l'UDA nous a imposé, après multiples discussions, c'était qu'on cite le droit d'auteur sur le site et qu'on retire la licence de Creative Commons. »

2.1.4 - Synthèse du premier panel

On constate donc que ces trois projets ont, chacun à leur manière, abordé un axe important de cette culture libre. Dans le cas de Paysages sonores, la possibilité de transformer une œuvre était au cœur du projet. Pour sa part, en invitant tout un chacun à se joindre au projet, Shopdropping mettait de l'avant l'aspect ouvert participatif et la réappropriation de l'espace d'autrui. Enfin, les problématiques vécues par 8 courts 1 collectif ont démontré que ce type de pratique artistique n'est pas encore tout à fait accepté par les institutions en place. Cela dit, un avis partagé par les différents intervenants ayant pris la parole durant ce panel concerne le flou grandissant au niveau de la frontière entre les créateurs et les récepteurs de l'œuvre. Cette question a d'ailleurs été au cœur des interventions du panel suivant.

2.2 - Théories de la culture libre

Le second panel de la deuxième journée du colloque a présenté deux communications. Le sociologue Jean-Paul Fourmentraux a abordé les différents rôles des artistes et des techniciens au sein de projets artistiques technologiques. Antoine Moreau, instigateur de la Licence Art Libre (LAL), a pour sa part abordé les interrelations entre l'art libre et la culture libre.

2.2.1 - Faire œuvre commune

La communication du sociologue Jean-Paul Fourmentraux s'est intéressée aux projets artistiques impliquant une coopération entre artistes, scientifiques et public. Le thème de sa présentation étant « faire œuvre commune », Fourmentraux a donc abordé trois grands enjeux, l'acte de création en lui-même, les œuvres produites et enfin l'élément collaboratif du processus en question. Pour le sociologue:

« Le travail artistique multimédia se redéfinit du fait qu'on a des acteurs qui ne sont pas issus du même monde, mais qui travaillent avec les mêmes interfaces, les mêmes outils (l'ordinateur, Internet, etc.) et qui sont amenés à croiser leur regard, croiser leurs travaux, pour réaliser des choses dont on va voir qu'elles aboutissent à des œuvres parfois, à des technologies logicielles parfois également; ou encore pour le public, à des nouvelles manières de communiquer et de faire avec ces médias là. »

Jean-Paul Fourmentraux propose donc une vision du processus créatif qui englobe différents intervenants présents durant le processus de création, et non seulement les artistes. Encore une fois, les technologies et les plates-formes développées jouent un rôle central, en tant qu'objets frontières sur lesquels différents points de vue peuvent se poser et dialoguer.

Crédit photo: Nt2

2.2.2 - De l'art libre à la culture libre

L'intervention d'Antoine Moreau s'est concentrée sur les relations entretenues entre l'Art Libre et la Culture Libre. Intitulé «De l'art libre et de la Culture libre», le texte complet de cette communication est d'ailleurs lui-même disponible sous Licence Art Libre (il peut être consulté au http://artlibre.org/category/textes/). Antoine Moreau a débuté son intervention par un retour sur les premières Rencontres Copyleft Attitude. Suite à une réflexion sur les nouvelles dynamiques se jouant durant le processus créatif à l'ère d'Internet, ce groupe d'artistes a mis sur papier un équivalent aux licences libres élaborées précédemment dans le monde informatique. Antoine Moreau explique:

« Cette initiative d'artistes, n'était pas tant motivée par des questions liées au droit d'auteur ou à l'informatique, que par le processus de création qu'ils éprouvaient dans leurs pratiques. Il s'agissait d'observer ce que le numérique et l'Internet font à la création pour en prendre acte et agir en conséquence. »

Or, on pourrait croire que ce type de préoccupations artistiques est profondément ancré dans le cyberespace. Pour Antoine Moreau, les processus créatifs à l'œuvre au sein de l'Art Libre se retrouvent également dans l'histoire de l'art du 20e siècle:

« Si nous essayons de trouver des repères dans l'histoire de l'art récente, nous pourrions dire qu'il relève de l'art brut inventé par Dubuffet et du readymade de Duchamp. Art brut, parce qu'il est fait par « l'homme du commun à l'ouvrage » sans trop de volonté artistique et readymade parce qu'il est déjà fait et qu'il suffit de l'observer avec des yeux d'artiste. »

Cette problématique est loin de constituer une première dans l'histoire de l'art, et Moreau arrive à mettre en perspective les pratiques artistiques libres, et par le fait même, de la Culture Libre en général.

La communication d'Antoine Moreau est disponible ici : http://artlibre.org/archives/textes/337

Conclusion

On constate que les enjeux entourant l'émergence d'une culture libre sont vastes et doivent encore être explorés. D'une part, certaines difficultés sont rencontrées au sein de la culture libre. Nous l'avons vu, quelques interventions ont mis en lumière la tension qui peut survenir entre la culture libre et l'espace de diffusion. Ces difficultés se sont entre autres manifestées pour le projet 8 courts 1 collectif au niveau des tensions entre la diffusion libre sur Internet et les normes établies par les syndicats d'artistes professionnels, dans le projet Shopdropping quant à la réappropriation artistique d'espace à vocation commerciale, ou enfin dans la réappropriation de l'environnement urbain du Graffiti Research Lab Canada utilisant l'extérieur des bâtiments. Par ailleurs, nous n'avons pas traité de la question des violations des droits d'auteurs, comme la contrefaçon ou l'atteinte à l'intégrité d'une œuvre originale. Cette tension illustre particulièrement l'apport d'un tiers créateur sur l'utilisation de l'œuvre d'autrui sans son consentement. La Licence Art Libre, en tant que solution contractuelle à cette difficulté, ne résout pas le problème fondamental, et peut-être insoluble, qui réside dans l'utilisation des créations d'autrui sans leur consentement.

Remerciements

Le colloque de la BNL MTL 2009, Culture libre / Open Culture, a été organisé par Karine Bouchard, Olivier Charbonneau et Antoine Roy-Larouche.  Nous tenons à les remercier pour tout leur travail professionnel qu'ils ont accompli. Nous remercions également les membres du Laboratoire de recherche sur les œuvres hypermédiatiques NT2 de l'UQÀM pour leur assistance à la technique et à la promotion des colloques jumelés. Le site du colloque « Histoires et Archives, arts et littératures hypermédiatiques » du Laboratoire NT2, est en ligne sous http://colloque2009.nt2.uqam.ca/.

­­Compte rendu rédigé par :  Antoine Roy-Larouche et Olivier Charbonneau

Conférence Alexandre Castonguay et Daniel Jolliffe

Jeudi 21 mai 2009

Dans le cadre de la Biennale de Montréal 2009 avait lieu des conférences de plusieurs acteurs importants dans le domaine de l'art contemporain. Voici la programmation des rencontres et du colloque qui ont eu lieu.

"Culture Libre"

Alexandre Castonguay produit un art multidisciplinaire mêlant photographie numérique, vidéo et installation informatisée.

Les oeuvres interactives et numériques de Daniel Jolliffe montrent comment les progrès technologiques influencent notre rapport au monde. L'artiste dirige des ateliers de formation utilisant les techniques et les concepts de l'art interactif dans diverses universités au Canada et dans le monde.

Conférence Hervé Fischer

Dimanche 10 mai 2009

"Culture Libre 3.0"

Artiste-philosophe, né à Paris, France, en 1941. Double nationalité, canadienne et française. Hervé Fischer est ancien élève de l'École Normale Supérieure (rue d'Ulm, Paris, 1964). Il a consacré sa maîtrise à la philosophie politique de Spinoza (sous la direction de Raymond Aron), et sa thèse de doctorat à la sociologie de la couleur (Université du Québec à Montréal).

Parallèlement il a mené une carrière d'artiste multimédia. Fondateur de l'art sociologique (1971), il a été l'initiateur de projets de participation populaire avec la radio, la presse et la télévision dans de nombreux pays d'Europe et d'Amérique latine, avant de venir s'installer au Québec au début des années 80.

http://www.hervefischer.net/

http://www.hervefischer.com/

http://avenirdelart.blogspot.com/